Atelier mapping au primaire avec Anti VJ

Joanie Lemercier du label Anti VJ était à Rennes fin novembre pour une création visuelle originale : près de 60 enfants participent à la réalisation d’une installation qui sera présentée dans le cadre de Cultures Electroni[k] en 2012. Nous avons suivi Joanie dans les classes pour cette première session de travail.

Des façades qui bougent toutes seules, des bâtiments qui deviennent vivants et se mettent à raconter des histoires…

Les réalisations visuelles d’Anti VJ à Bruxelles, Enghien-les-Bains ou en Corée du Sud ont marqué les esprits. Au centre de ces créations : la technique du mapping, qui consiste ici à projeter très précisément de la lumière sur une structure afin de créer des illusions de mouvement. Et le mapping avec des ciseaux et du papier coloré, ça donne quoi ? Réponse lors d’ateliers dans deux classes rennaises conduits par Joanie, membre d’Anti VJ, pour une création inédite qui sera présentée l’année prochaine dans le cadre de Cultures Electroni[k].

Deux écoles primaires participent à ce projet : une classe de CM2 aux Cloteaux et une classe de CM1 à l’école Jacques Prévert. Dans les deux classes l’enthousiasme est palpable. Si c’est parfois pour des raisons très pratiques (« Est-ce qu’on aura pas de devoirs ? »), les différentes étapes de la création sont suivies avec beaucoup d’attention.

1 – Présentation des travaux d’Anti VJ

Joanie : « J’ai beaucoup de chance car les projets que nous avons faits avec Anti VJ et que je montre aux enfants sont très visuels, donc assez accessibles. En général, ca parle aux enfants. Même sans qu’ils comprennent l’aspect technique ou le côté geek de certains effets, ou encore la musique électronique, on peut les intéresser tout de suite. Parfois, c’est un peu plus dur de les garder attentifs sur la durée. »

Quelques questions posées par les élèves :
« Comment vous faites exploser les murs ? »
« En fait c’est un peu comme des hologrammes ? »
« T’es connu ? »

Ensuite, un peu de vocabulaire :

2 – Construction de la structure en papier

Pour commencer, il faut une structure sur laquelle projeter. Joanie leur propose un matériau de base modulable à souhait : le papier. Chacun plie une simple feuille en forme de pyramide selon les instructions de Joanie et l’aide de leur professeur. Ceux qui sont rompus à la technique des origamis n’ont aucun mal à obtenir une pyramide qui tient debout ! Toutes les pyramides sont ensuite scotchées au mur et assemblées pour créer une forme aléatoire.

Joanie : « Je trouve ça intéressant d’inviter des artistes dont c’est le métier pour montrer à des enfants que c’est possible de faire du dessin, de la peinture, de la photographie ou de l’animation et d’en faire un vrai travail. »

3 – Création d’une histoire

Une fois la structure fixée au mur, Joanie la reproduit en deux dimensions sur un calque à l’aide d’un rétroprojecteur. Ce fichier est remis à chaque élève comme base de travail pour la création de sa projection. Il invite ses apprentis mappeurs à inventer une histoire qui sera leur inspiration. Ici, libre cours aux fantaisies dont voici quelques exemples :

« Une forêt sens dessus dessous »
« Des gens qui cherchent un trésor »
« Un lapin crétin qui essaie d’atteindre la lune »
« Les cowboys contre les Indiens »
Et aussi beaucoup de sapins de Noël…

4 – Découpage, collage et coloriage !

C’est à cette étape qu’on rentre dans le vif du sujet. Les élèves ont à leur disposition des papiers transparents colorés, des feutres et des ciseaux. Une fois le thème trouvé, ils doivent trouver les couleurs qui y correspondront, puis découper les formes qui s’adapteront le mieux au plan de la structure. Chacun est libre de faire des tests sur le rétroprojecteur afin de voir l’effet sur la structure :

Et la suite ?

Une nouvelle session de travail est prévue courant janvier.
Joanie : « Il faut que je trouve de nouvelles idées pour réaliser une sorte de sculpture sur laquelle on va projeter. Ensuite, chaque élève va réaliser sa version du mapping pour faire une composition qui va parfaitement s’adapter au support. Ils vont travailler de la même manière que sur cette première session, avec un rétroprojecteur et toutes sortes de matériaux. Je vais essayer de trouver une technique pour filmer ou scanner leur travail et le rediffuser en boucle ensuite. Le résultat final pourra prendre la forme d’une installation ou d’une performance.« 



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