Taragana Pyjarama : « je ne pensais pas que ça deviendrait sérieux. »

Répéter Taragana Pyjarama dix fois par jour doit être très bon pour la prononciation, et pour préparer le concert de ce soir à l’Ubu. Nick Ericksen, le musicien danois derrière ce projet, jouera à partir de minuit en compagnie de Matias Aguayo et Philipp Gorbachev, excusez du peu.
Ce midi, Taragana Pyjarama livrait un mini set intimiste devant les étudiants de l’Ecole des beaux-arts de Rennes. La performance filmée sera mise en ligne très prochainement. En attendant, nous avons intercepté Nick pour lui poser quelques questions sur ce projet encore mystérieux.

J’ai essayé de trouver des informations sur Taragana Pyjarama sur Internet, mais il y en a très peu pour le moment…peux-tu nous raconter comment tu as commencé à faire de la musique ?

Je crois que ça a commencé au lycée, j’avais la musique comme matière. J’ai commencé alors à jouer en groupe, d’abord à la batterie puis à la guitare. J’ai rapidement compris que je n’était pas si bon pour jouer avec d’autres gens (rires). J’ai commencé à essayer des choses sur l’ordinateur. Rapidement, j’y passais de plus en plus de temps. Je pense que ça fait quatre ans maintenant que je compose sur ordinateur.

Tu t’es fait une sorte de home studio ?

Non, il n’y a pas besoin d’avoir un home studio. J’ai une sorte de petit studio car j’accumule de plus en plus de machines mais, au départ, c’était juste moi et mon ordinateur. Ça suffit pour commencer. Ensuite j’ai trouvé que ça sonnait mieux avec des synthétiseurs analogues…je fais partie de la labtop wave !

En parlant de « wave », penses-tu avoir un lien avec la chill wave dont tout le monde parle ?

Je sais pas, en fait je me fiche un peu. Beaucoup de gens pensent que ma musique est chill wave, mais je ne la considère pas comme ça. Je n’ai jamais vraiment écouté ces artistes, j’écoute beaucoup de techno, de rock, je pense que tout ça s’est mélangé.

On dirait que c’est finalement plus la house qui t’a inspiré, dans les rythmes en tout cas…

Oui, j’écoute beaucoup de techno et de house. Des artistes comme James Holden et tout ce que fait le label Border Community [label créé par James Holden, ndlr].

D’ailleurs tu joues à la même soirée que lui demain soir à Copenhague, tu dois être excité ?

Oui, vraiment ! Je l’ai rencontré une fois et c’était un peu maladroit. Nous étions au même endroit où il joue demain, un club qui s’appelle Dunkel, à Copenhague. J’étais dans une sorte de backstage, les cuisines en fait. Je discutais avec mes amis et il était juste en face de moi. Un ami m’a présenté et je ne savais vraiment pas quoi lui dire ! Il était très sympa, il m’a dit « ah, tu fais de la musique » et a noté l’adresse de mon Myspace. Ensuite il m’a contacté par ce biais.

Ah, donc Myspace peut encore être utile…

Oui, mais c’était il y a déjà un an.

Ton premier EP est sorti au printemps sur Fool House, le label de Mondkopf et Delorean. Comment es-tu entré en contact avec eux ?

J’ai sorti une chanson intitulé Girls gratuitement sur Internet, mal mixée mais qui s’est retrouvée rapidement sur beaucoup de blogs. Ensuite, Guillaume du label m’a contacté et m’a demandé si j’avais d’autres titres, je lui ai dit que je travaillais effectivement sur d’autres titres. Je lui ai envoyé les titres et nous avons sorti cet EP.

Tu avais fait les titres spécialement pour l’EP ?

Oui. En fait, avant, j’avais un autre pseudonyme dont je n’étais pas très content donc j’ai changé. La raison pour laquelle le nom de mon projet est si ridicule est parce que je ne pensais pas que ça deviendrait sérieux.

J’ai trouvé un article de blog qui disait que tu étais une fille…peut-être à cause de la pochette de l’EP ?

Oui, Fool House a engagé la même fille qui fait toutes les pochettes pour celle mon EP, je n’ai pas vraiment eu mon mot à dire. En fait, j’avais commencé à en faire un avec ma petite copine, mais elle a déménagé à Londres et je n’avais pas vraiment le temps.

Tu penses à sortir un album ?

J’ai environ huit morceaux en cours de finalisation, et quand ils seront finis, ça va sortir d’une façon ou d’une autre !

Sont-ils également basés sur des boucles et séquences ?

Le premier EP était vraiment basé sur les boucles. Je pense qu’il y aura toujours des boucles dans ma musique, parce que c’est de la musique électronique, mais cette fois j’essaie de travailler un peu différemment. J’ai commencé à enregistrer plus de choses, notamment du synthétiseur, et à jouer de façon plus « live ». J’essaie d’évoluer par rapport à ce que j’ai fait avant, ce ne sera vraiment pas de la chill wave en tout cas.

Le set de ce soir présentera principalement de nouveaux morceaux à l’exception de Girls. C’est le titre qui est le plus live, pour le composer j’ai testé l’accumulation de samples puis je l’ai mis sur le net.

C’est ton premier concert en France ?

Non, j’ai joué une fois à Paris, dans un lieu qui venait d’ouvrir. Ca s’appelle Le Petit Bain, c’est dans un bateau sur la Seine. Donc on se sent parfois un peu malade en backstage ! Mais c’était cool, il y avait de bons groupes et un bon son.

Dans quel genre de lieux as-tu l’habitude de jouer ?

Beaucoup dans les clubs au départ, mais ma musique n’est pas vraiment une musique de club. Moi je pourrais danser dessus, mais peut-être les gens pensent-ils que c’est trop lent. On verra !



Laisser un commentaire