Une quinzième carte postale sonore pour le lancement de metropole-electronik.fr

Lors de sa résidence en octobre 2013, le musicien Richard Eigner a exploré pendant une semaine les murs – et même le toit –, de l’Hôtel de Ville de Rennes afin de créer une véritable carte postale sonore de ce lieu.

Mercredi 18 juin, pour le lancement du site metropole-electronik.fr, cette quinzième carte est restituée en version live devant un public d’environ soixante-dix personnes. L’occasion pour Richard Eigner d’expliquer son travail et de nous en dire un peu plus sur son expérience.

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Richard Eigner, photo de Gwendal Le Flem

JJ : Bonjour Richard, pourrais-tu décrire en quelques mots ton travail ?

RE : Je suis un créateur sonore mais aussi un musicien. J’aime travailler avec tout ce qui est en rapport avec le son. Mon travail s’inscrit dans différentes approches : je peux composer de la musique « normale » mais aussi de la musique plus conceptuelle comme ce que j’ai fait pour cette carte postale sonore. Je peux créer de la musique pour des publicités mais je m’amuse également à construire mes propres instruments.

JJ : Le projet de carte postale sonore est-il différent de ce que tu as l’habitude de faire ?

RE : Ca n’a rien à voir avec ce que je fais pour des publicités puisque les gens ont une idée précise en tête, savent ce qu’ils veulent… Ici, j’avais une liberté totale comme dans d’autres projets conceptuels que j’ai menés. Par contre, lorsque je fais du « field recording » [enregistrement de terrain], j’ai davantage l’habitude d’enregistrer des sons en plein air. Ici, j’investissais la vie d’un bâtiment. Au moins, je n’avais pas à me soucier du vent !

JJ : Pourquoi choisir ta résidence à l’Hôtel de Ville ? Avais-tu une idée précise de ce que tu voulais faire ?

RE : J’avais envie d’être dans un lieu de patrimoine mais je ne connaissais pas Rennes avant de venir. On m’a proposé l’Hôtel de Ville et l’idée m’a plu. Et non, je n’avais aucune idée de ce que j’allais y trouver… J’ai visité le bâtiment, je suis allé à l’extérieur, au sein de différentes pièces et même sur le toît. J’ai enregistré beaucoup de sons en ayant une idée un peu abstraite de ce que je pourrai créer. Je cherchais plutôt à capter une ambiance.

JJ : Quels sont les sons que tu as retenus ? Lesquels ont attiré ton attention en particulier ?

RE : J’ai utilisé principalement cinq sons : les voix de personnes qui passent dans le hall, le bruit de la rue, le bruit de la grande porte de l’entrée principale qui grince en s’ouvrant et claque en se refermant, le son des cloches et enfin le tic-tac de l’horloge qu’on entend seulement lorsqu’on est sur le toît. J’ai adoré le son de ce mécanisme, c’était une belle surprise de le découvrir !

JJ : Quelle technique as-tu utilisée pour enregistrer les sons ? Pour les traiter ?

RE : J’avais un petit microphone ce qui fait que j’étais plutôt discret, je me suis fondu dans le paysage et je pense qu’assez peu de personnes m’ont remarqué. J’ai également installé des microphones aux fenêtres. Pour retirer certains bruits dans l’enregistrement, j’ai utilisé un logiciel spécifique. Cela m’a permis d’isoler les sons qui m’intéressaient, de pratiquer un « dé-bruitage ». Parfois, des sons ont été enregistrés par erreur. Certains m’ont plu donc je les ai gardés.

JJ : A quoi ressemble ta carte postale ? A une symphonie ? Une histoire ?

RE : Libre à chacun d’entendre ce qu’il souhaite ! Ce n’est pas une symphonie en tout cas… Ce n’est pas non plus de la « musique concrète » puisque je ne cherche pas à recréer le son du monde réel. Ce n’est pas non plus une histoire puisque ce n’est pas quelque chose de construit. J’ai repéré et enregistré des sons qui m’intéressaient. Une fois chez moi, je les ai réécoutés et fait une combinaison. Je ne sais pas combien d’heures je suis resté dans l’Hôtel de Ville… En tout cas, le résultat se concentre en une vingtaine de minutes !

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Richard Eigner, photo de Gwendal Le Flem

Juliette Josselin, pour Electroni[k]



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