Carte postale sonore # 14 – Pauline Boyer à la Plate-forme Industrielle Courrier de La Poste

Projet lancé en 2008, Métropole Electroni[k] propose à des artistes d’univers différents de réaliser des créations sonores au cours de résidences dans différents lieux de Rennes Métropole, qu’ils soient à vocation culturelle, sociale ou citoyenne, puis de la présenter aux différents publics, usagers de ces lieux, visiteurs ou curieux…

Les artistes en création de la Métropole Electroni[k] développent leur point de vue sur un espace de vie qu’ils investissent et restituent ce travail. Cette démarche permet de découvrir ou de redécouvrir des espaces sociaux où le collectif s’incarne au quotidien, d’appréhender la ville, les territoires par l’oreille et ne plus les penser simplement comme sources de bruits et de nuisances.

Ces cartes postales sonores seront prochainement accessibles sur un site web dédié, ouvert au plus grand nombre.

Après Eddie Ladoire, Sébastien Roux, Félicia Atkinson, Aymeric De Tapol, Jean Philippe Renoult, Dinahbird, Herman Kolgen, Mathis Delplanque, Mira Calix, Lynn Pook, Robert Henke, Philippe Morvan ou encore Bérenger Recoules, c’est au tour de Pauline Boyer d’appréhender un espace particulier de la métropole Rennaise.

En effet, Pauline Boyer s’est rendue à la Plate-forme Industrielle Courrier de La Poste à Noyal-Châtillon-sur-Seiche, le 5, 7 et 15 mars en compagnie de deux membres de l’équipe d’Electroni[k].

Pauline Boyer dans le centre de tri postal.

Jules raconte son expérience à la PIC (Plate-forme Industrielle Courrier) :

Nous avons rendez-vous à 14h à la PIC où nous retrouvons la responsable de la communication, Karine Gaborel. Une fois arrivés sur les lieux, nous enfilons des chaussures de protection et entrons sans plus attendre dans la zone de production.

Les consignes de sécurité pour entrer dans la zone de production sont strictes.

Karine Gaborel nous présente le site.

Dans cet immense plate-forme de près de 3 hectares, des dizaines de machines trient, compartimentent, sélectionnent et expédient tous types de courrier. Ainsi défilent par millions, lettres (petites et grandes) et catalogues, émis et à destination des trois départements bretons (Ille-et-Vilaine, Côtes d’Armor et Morbihan).

Les chariots qui transportent le courrier vers les différents postes de tri.

Les machines de tri industrielles, qui séparent les courriers par codes postaux, villes voire par numéro de rue selon l’ordre de la tournée du facteur.

La complexité des réseaux de tuyaux est impressionnante, s’étalant sur plusieurs niveaux. Le bruit ambiant lié à l’activité industrielle du site varie selon les moments de la journée (livraison, etc…).

Le réseau aérien de transport du courrier.

Et le réseau des chariots.

A chaque machine correspond un poste de travail bien particulier ; il y a ceux qui orientent les lettres, ceux qui les étiquettent, ceux qui les pèsent, ceux qui les transportent… Chacun a un rôle très précis à jouer.

Une couleur par fonction : lettres petit format, grand format, etc.

Pour que les différentes tâches cohabitent, un système de circulation dans l’espace a été imposé ; le sol est donc coloré par différents tracés, correspondants aux zones de circulation piétonne, cycliste (on se déplace en effet beaucoup à vélo) ou motorisée.

Les vélos pour les équipes de maintenance et les managers pour intervenir plus rapidement.

Les zones de circulation sont banalisées.

Nous partons à la rencontre de cet espace et de ses sons. Ils sont nombreux et variés. Chaque machine produit son propre son (tapis roulants, trieuses, classeuses…), par dessus lequel s’ajoute celui de l’action humaine (déposer, pousser, ranger), ainsi que le bruit de la circulation globale (chariots, engins motorisés). Différents « bips » retentissent également fréquemment, lorsqu’une machine s’arrête ou redémarre.

Pauline Boyer en plein enregistrement.

A l’oreille, nous percevons plutôt un bruit de fond en continu, mais différentes sonorités et rythmes apparaissent à l’intérieur de ces grandes machines de tri quand on s’y penche de plus près.

Pauline, armée de son simple enregistreur part à l’assaut de ce charmant raffut.

Les tapis roulants deviennent très intéressants.

Tout comme les câblages.

Les employés nous regardent d’abord interloqués, puis, suite à une explication du projet, avec beaucoup d’intérêt. Certains veulent aider, en montrant précisément des sons qu’ils ont identifié. Pour ces salariés qui travaillent tous les jours au milieu de ces machines, c’est une petite fierté que de pouvoir nous dénicher une bizarrerie sonore.

Un salarié sur la machine de tri.

Les curieux viennent voir Pauline.

D’autres répètent artificiellement les sons (une porte qui se lève, une sangle qui tape sur un chariot) pour que Pauline puisse l’enregistrer.

Enregistrement des sons des portes automatiques et de leur déchargement.

Ilot de silence au milieu de ce brouhaha ambiant, les quatre espaces de repos mis à disposition des employés tranchent. Ici, le bruit ne s’entend plus que de loin, proposant une nouvelle ambiance sonore.

Déambulation parmi les machines.

Au final, c’est une richesse incroyable de matière sonore que Pauline arrive à capter.  Au cours des trois sessions d’enregistrements (sur les trois huit correspondant aux horaires des équipes), elle obtient un panel large des bruits des machines et des rythmes qui ponctuent les journées de cette plate-forme industrielle de traitement du courrier.

Concentration.

La carte postale sonore de Pauline Boyer sera présentée à la PIC le 18 juin, à l’occasion de l’anniversaire de son inauguration. Ce travail sera également mis en avant en octobre 2013 à Rennes.

Cet article a été rédigé par Jules Thouvenin et Anna Stevens.



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