Les dieux du beat – Contact in Vivo

Samedi après-midi 13 octobre 2012, une cérémonie d’un genre spécial a eu lieu au théâtre du Vieux Saint-Étienne. Résurrection des vieilles lanternes, ex-projecteurs devenus caisses sonores,  un montant de lampes est changé en harpe, un ventilateur en violon, un buste masculin en tambour. Contact in Vivo, groupe au nom prophétique, a croisé le fer et électrisé le chœur.

L’homme debout frappe sa poitrine, ça bat d’un son cotonneux. Sur ses lèvres, on lit, il compte. Un deuxième drummer lance son regard sur lui, acquiesce du menton (ou bat la mesure), les coudes suspendus et les bras puissants. La femme assise tape, mouvement rapide et cliquetis aiguisés, les épaules levées, ses yeux sont clos. Un extincteur coupé à la base pendouille au milieu et résonne comme un gong cylindrique. Deux miroirs double-face roulent sur eux-mêmes, comme pour se voir de derrière. Au passage, ils frottent des élastiques de caoutchouc. Réfraction du son par la lumière. Devant, une large console, grand autel de cet orchestre de ferrailleurs, où les ingénieurs de sono font de l’effet à faire chanter les boutons gris clairs. En face, un autre chanteur à boutons lui répond en lumières.

La scène est au milieu de la nef −bien pensé−, les invités que nous sommes à ce sacre du son éclairé tournent autour. On regarde et on scrute, qui sonne quoi et quoi sonne comment ? Les trois musiciens ont l’air hébété à force de taper, et nous, saisis par la force de leur musique. Ils sont tous acquis aux dieux du beat, ou transcendés, ou en transe. Le feu des projecteurs traverse la scène à l’horizontal ou tombe du ciel.

Du feu de dieux, ce concert ! Un blond bouclé en sandales (touché par la grâce ?) grimpe et improvise une danse d’esprits en rond autour des batteurs, et en rythme, pieds parallèles au sol, les genoux qui montent l’un après l’autre. C’est sûr, faudrait tous qu’on rentre dans son rite. L’un des batteurs nous parle : « On va vous jouer un morceau électronisant pour l’occasion, pour le festival !» Ouf, ils parlent. Ça nous rassure. On a failli les croire demi-dieux avec leur charme métallique. Bouquet final, l’électronisant leur va bien. On en reprendrait bien un peu, ou régulièrement, et pourquoi pas tous les dimanches ?

Article rédigé par Sophie Burdet.



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