Les dessous de la créativité : Martin Messier

« Martin Messier, Sewing Machine Orchestra. Photo by Annie Zielinski. »

Les artistes sont des créatifs. Ils créent, ils doutent, ils rencontrent, ils expérimentent, ils renoncent, ils bifurquent. Entre clashs et conciliations, les artistes sont des entrepreneurs d’arts. Dans le cadre d’un séminaire sur le « management de la créativité », les étudiants du Master 2 ECOTIC de l’Université Rennes 1 vous invitent à découvrir les dessous de la créativité chez les artistes invités à Cultures Electroni[k].

Hier

Nous avons rencontré Martin Messier, artiste pluridisciplinaire, qui a donné lundi soir au Tambour une représentation de son Swing Machine Orchestra, un orchestre de machines à coudre.
Originaire de Montréal, Martin Messier a grandi dans un milieu familial assez éloigné de la création artistique mais qui l’a néanmoins soutenu en lui donnant les moyens de mettre en œuvre ses projets. Il commence l’apprentissage de la musique à l’age de 15 ans et a pu bénéficier du fort dynamisme artistique de Montréal ainsi que du soutien de son professeur de batterie et de son professeur de philosophie.
Martin Messier a étudié la batterie et la musique électronique à l’université pour se constituer une base solide avant de se lancer dans ses propres projets artistiques. Il a d’abord côtoyé la scène rock indépendante canadienne avant d’évoluer vers des projets plus expérimentaux. Il a ensuite collaboré tout au long de sa carrière avec des artistes  de milieux très différents comme la danse, le théâtre ou la vidéo, toujours dans le but de continuer à apprendre et en suivant son intérêt pour de nouvelles disciplines artistiques.
Il n’a depuis deux ans que très peu de temps à consacrer à la création du fait de son emploi du temps chargé, même s’il avoue lui-même qu’il préfère le temps de création au temps de la diffusion et de l’exposition.
En effet depuis l’élaboration de son œuvre avec Jacques Poulin-Denis, « Pencil Project » (2007), il est très  demandé par les diffuseurs. Cet œuvre a été pour lui un déclic dans sa carrière.

Aujourd’hui

L’idée de faire de la musique avec des machines à coudre a été un « flash » qu’il a concrétisé. C’est en accord avec la philosophie de cet artiste qui se laisse le plus souvent guider par son instinct. De par ses nombreuses collaborations, il a également souvent été confronté à un processus de co-création, forcément source d’inspiration pour ses projets individuels.
La durée de vie de ses œuvres n’est pas déterminée à l’avance, elle dépend à  la fois de la demande du public, des diffuseurs et de ses envies. Il n’adapte pas ses représentations aux différents publics, et n’a jamais recours à l’improvisation. Cependant certaines de ces œuvres peuvent évoluer au cours du temps, comme ce fût le cas pour le « Pencil Project ».

Demain

Martin Messier évolue sur un créneau où peu d’artistes évoluent. Il ne voit d’ailleurs qu’un seul artiste ayant une activité « similaire » à la sienne. Un artiste qu’il ne considère d’ailleurs pas comme un concurrent mais plutôt comme quelqu’un avec qui il peut collaborer et créer. Le succès rencontré par Martin Messier lui permet de vivre de ses œuvres et donc de continuer à créer au gré de ses envies et comme depuis le début de sa carrière sans véritable plan établi.

Par Thomas Belloeil, Thibault Delourme, Vincent Guillerm, Jean-Louis  Valegant

en savoir plus : http://www.mmessier.com/



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